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Call for Papers (version française en dessous)

CFP deadline: 15 December 2022
Research workshop: Friday 26 May 2023, at Senate House, London

Keynote speakers: Laurent Mucchielli (Aix-Marseille) and Jeremy Lane (Nottingham) 

Published anonymously earlier this year, Le Manifeste conspirationniste takes aim from a radical left-libertarian position at the numerous social, political and technological changes enacted in the name of fighting Covid. Following broadly the line of analysis advanced by Michel Foucault, according to which public health emergencies are unrivalled suprapolitical opportunities for the extension of securitarian power, the book argues that the response to the pandemic constitutes a devastating biopolitical blow inflicted by global capitalism against the majority it exploits: lockdowns promulgated by advertising, comms and behavioural-psychological expertise have shattered the public sphere, breaking emergent collective subjects of radical democratic politics by enhancing individualism and the fear of other people. It claims a massive and rapid extension of authoritarian police powers and digital monitoring has taken place, whether in China generally (and Hong Kong specifically) or in France (with the gradual erosion of civil rights for the unvaccinated and those resistant to the pass sanitaire), along with a dramatic intensification of our reliance on digital networks, whether for work or to buy food, and the way in which entire populations have been terrorised into wanting experimental biotechnologies injected into their arms. For the author(s) this fuels concern about transhuman convergence, or the unparalleled integration of networks of biotechnical, environmental and informational control. Taken together, the imperatives of so-called ‘pandemic preparedness’ and the measures enacted in response to this pandemic are viewed in their objective effects as a counter-revolutionary reaction against democratic politics, a coup against democracy on a global scale, in particular against the emergence of a contagious spirit of ungovernable anti-authoritarianism. 

As its title suggests, the book advances these claims alongside a searing political critique of the now very well established practice of deconstructing so-called ‘conspiracy theories’. From Karl Popper to the present, the book argues, philosophers who imagine that their discipline’s special contribution to the collective good lies in exposing the epistemological flaws in such thinking are wittingly or otherwise – objectively – servants of neoliberal hegemony. Like the epidemiologists and modellers these are cognitive labourers whose intellectual work serves political ends of which it remains ignorant. The book’s provocative suggestion is that conspiracy theorising today, like rumour in the French Revolution, or the solidarity of the underground Early Church in the conspiratio of its members’ shared breath, can constitute a potent political technology or counter-power, and that in any event established power now communicates conspiratorially so why shouldn’t those who oppose it? 

Proposals (200ww) are invited for 20-minute paper presentations in French or English addressing the book’s claims, contexts and modes of articulation. Particular areas of interest might include, but are not confined to:

•The book’s diagnosis of the objective political effects of the pandemic response and the political aspirations of ‘pandemic preparedness’
•Its particular rehabilitation of conspiracy theorising: how cogent and promising an approach is this? Is the book’s espousal of conspiracy theorising performatively consistent or self-defeating?
•The analysis of the contemporary ‘comms’ and advertising industry
•The book’s political critique of philosophers who dismantle conspiracy theories, epidemiologists, modellers and behavioural psychologists
•Transhumanism and/or biopolitics
•The Foucauldian dimension
•The relationship between this and other anonymously-authored tracts published in France over the last two decades; the wider relationship between this work and radical democratic thinking
•The place of Le Manifeste conspirationniste in the current French publishing landscape. Compare, for instance, Gallimard’s Tracts and Seuil’s Libelle series of pamphlets.
•Discussion of specific movements, or contexts, or subjects or institutions in light of the book’s overall approach (for example: migrants, the poor, women, workers from BAME communities, disabled subjects, the independence movement in Hong Kong, the gilets jaunes in France, academic institutions and their intensification of hierarchical managerialism)
•Discussion of relevant historical comparators or precursors (the Early Church, plague containment measures, nineteenth-century hygienism and its legacy).

Please email proposals to the organisers Douglas Morrey (D.J.Morrey@warwick.ac.uk) and Oliver Davis (O.Davis@warwick.ac.uk) by 15th December 2022. Publication and plans for further research arising from the event are envisaged.

The organisers are grateful to The Association for the Study of Modern and Contemporary France for its support.


Appel à contributions

Lire Le Manifeste conspirationniste (Seuil, 2022): repolitiser la réponse à la pandémie

Date limite de l'appel de propositions: 15 déc  2022
Atelier de recherche: vendredi 26 mai 2023, ILCS, Senate House, Londres

Conférenciers principaux : Laurent Mucchielli (Aix-Marseille) et Jeremy Lane (Nottingham)

Publié anonymement au début de l'année, Le Manifeste conspirationniste s’attaque, depuis une position radicale, aux nombreux changements sociaux, politiques et technologiques promulgués au nom de la lutte contre le Covid. Suivant une ligne d’analyse avancée par Michel Foucault, selon laquelle les crises de santé publique sont des occasions suprapolitiques inégalées pour l’extension du pouvoir sécuritaire, le livre soutient que la réponse à la pandémie constitue un coup biopolitique infligé par le capitalisme mondial contre la majorité qu’il exploite : les enfermements promulgués par l’expertise publicitaire et de psychologie comportementale ont brisé la sphère publique, freinant l’émergence de sujets collectifs en renforçant l'individualisme et la peur des autres. Une extension massive et rapide des pouvoirs de police et de la surveillance numérique a eu lieu, que ce soit en Chine en général (et à Hong Kong en particulier) ou en France (avec l'érosion progressive des droits des personnes non vaccinées et de celles qui résistent au pass sanitaire), parallèlement à une intensification dramatique de notre dépendance aux réseaux numériques, que ce soit pour le travail ou pour acheter de la nourriture, et des populations entières ont été terrorisées pour qu’on leur injecte des biotechnologies expérimentales dans le bras. Pour l’auteur ou les auteurs du Manifeste, cela alimente l’inquiétude concernant la convergence transhumaine, ou l’intégration sans précédent des réseaux de contrôle biotechnique, environnemental et informationnel. Pris ensemble, les impératifs de la "pandemic preparedness" et les mesures adoptées en réponse à cette pandémie sont considérés dans leurs effets objectifs comme une réaction contre-révolutionnaire, un coup d’État contre la démocratie à l'échelle mondiale, en particulier contre l'émergence d'un esprit contagieux d'anti-autoritarisme ingouvernable.

Comme son titre l’indique, le livre présente ces affirmations parallèlement à une critique acerbe de la pratique désormais bien établie de la déconstruction des "théories du complot". Depuis Karl Popper jusqu'à aujourd'hui, les philosophes qui s'imaginent que la contribution spéciale de leur discipline au bien commun consiste à exposer les failles épistémologiques inhérentes à ce type de pensée sont, sciemment ou non ¬- objectivement - des serviteurs de l’hégémonie néolibérale. Comme les épidémiologistes et les modélisateurs, ce sont des travailleurs cognitifs dont le travail intellectuel sert des fins politiques qu’ils ignorent. La suggestion provocatrice du livre est que la théorie du complot aujourd'hui, tout comme la rumeur dans la Révolution française, ou la solidarité de l’Église souterraine dans la conspiratio de la respiration partagée de ses membres, peut constituer une technologie politique puissante ou un contre-pouvoir, et qu’en tout état de cause, le pouvoir établi communique maintenant de manière conspiratoire, alors pourquoi ceux qui s'y opposent n’en feraient-ils pas autant ? 

Des propositions (d’environ 200 mots) sont attendues pour des présentations de 20 minutes en français ou en anglais sur les revendications, les contextes et les modes d'articulation du livre. Les domaines d'intérêt particuliers pourraient inclure, mais ne sont pas limités à :

•Le diagnostic du livre sur les effets politiques objectifs de la réponse à la pandémie et les visées politiques de la "pandemic preparedness"
•La réhabilitation particulière de la théorie du complot : dans quelle mesure cette approche est-elle convaincante et prometteuse ? L’adhésion du livre à la théorie du complot est-elle cohérente ou autodestructrice ?
•L'analyse de l'industrie contemporaine de la communication et de la publicité
•La critique politique du livre à l’égard des philosophes qui démantèlent les théories du complot, des épidémiologistes, des modélisateurs et des psychologues du comportement
•Le transhumanisme et/ou la biopolitique
•La dimension foucaldienne
•Le rapport entre cet ouvrage et d’autres tracts d’auteurs anonymes publiés en France au cours des deux dernières décennies ; le rapport plus large entre cet ouvrage et la pensée démocratique radicale
•La place du Manifeste conspirationniste dans le paysage éditorial français actuel : comparer, par exemple, les Tracts de Gallimard et la série de pamphlets Libelle de Seuil
•Discussion de mouvements spécifiques, ou de contextes, ou de sujets ou d'institutions à la lumière de l'approche globale du livre (par exemple : les migrants, les pauvres, les femmes, les travailleurs issus de communautés ethniques minoritaires, les sujets handicapés, le mouvement indépendantiste à Hong Kong, les gilets jaunes en France, les institutions universitaires et l’intensification du managérialisme)
•Discussion des comparateurs ou précurseurs historiques pertinents (l'Église primitive, les mesures d'endiguement de la peste, l'hygiénisme du XIXe siècle et son héritage)

Veuillez envoyer vos propositions par courriel aux organisateurs Douglas Morrey (D.J.Morrey@warwick.ac.uk) et Oliver Davis (O.Davis@warwick.ac.uk) avant le 15 décembre 2022.

Cet atelier a été organisé avec le soutien de l’ASMCF

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